Pizzo (racket de la mafia)


En Sicile, au moment de l’apparition de la mafia, l’État italien n’était pas en mesure d’assurer cette tâche sécuritaire régalienne. Devant cette absence, le fort niveau d’insécurité a poussé la population à avoir besoin d’une protection mafieuse. Un pacte avec le diable qui malheureusement perdure sur les territoires contrôlés par Cosa Nostra.

Rien qu’en Sicile, on estime que le chiffre d’affaire du pizzo dépasse le milliard d’euros par an, selon une étude publiée en 2008 par la Fondation Rocco Chinnici.

En général, les mafiosi exigent des montants très variable et toujours en fonction de l’importance du commerçant. Par exemple pour un bureau de tabac ou un petit kiosque, ça sera une contribution d’au minimum 32 euros par mois alors qu’un supermarché peut payer jusqu’à 27 200 euros. On estime que 50’000 commerçants sont victimes de ce racket, ce qui représente près de 70% d’entreprises et de commerces en tout genre qui s’acquittent du pizzo. (Source : Commission parlementaire antimafia).

C. Lovis, octobre 2020 © Antimafia.net

Comment fonctionne le « Pizzo » ?

Extrait du livre de référence de Clotilde Champeyrache :

Dans les territoires sous contrôle mafieux, quiconque exerce une activité économique doit payer à la mafia un pourcentage. Cet argent est appelé pizzo, (pizzu en dialecte sicilien). Son versement est obligatoire et est justifié par les «hommes d’honneur» comme étant le paiement pour la protection mafieuse. De fait, chaque cosca contrôle un territoire, un quartier de ville, quelques rues, où elle est censée — il en va de son prestige au sein de la mafia ci auprès de la population locale — assurer l’ordre et la sécurité. Chaque clan perçoit donc le pizzo sur son territoire et jamais au-delà. En échange, il garantit qu’aucun acte de vandalisme par exemple ne viendra toucher les magasins sous sa protection. […]

[…] Le problème vient de ce que qui refuse de  payer le pizzo ne se limite pas seulement à la perte de la protection privée, comme ce serait le cas pour tout contrat normal de gardiennage. Le non-paiement du pizzo expose aux rétorsions de la mafia suivant un crescendo de violence : colle dans la serrure, vitrine brisée, vol de marchandise, boycott par la population du magasin, incendie,… jusqu’à l’assassinat du récalcitrant. Renoncer à la protection mafieuse ne signifie pas prendre le risque de subir des dégradations, c’est encourir avec certitude des violences de la part de qui se présente initialement comme porteur de protection. La mafia ne répond alors pas à une demande de protection, elle la contraint.

Source : CHAMPEYRACHE C. (2011). Sociétés du crime, un tour du monde des mafias

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